
Que n’a-t-on dit de toi, Léo ?
Que ne dira-t-on pas encore ?
Mais en travestissant des faux,
On passe-porte avec la mort …
Du fond de ta célébrité
Au plus profond de ta détresse,
Les courtisans sont embusqués
Pour te piller avec adresse …
De journaleux en mal de scoop
En opportunistes arrivistes,
Biographes marchands de soupe,
Toujours en lice sur la piste,
Les importuns, les parasites,
Ont toujours soif de simulacres …
Pour un article à la va-vite,
C’est dans l’égout qu’ils s’y consacrent …
Que n’ont-ils dit de toi, Léo ?
Que n’ont-ils dit sur toi aussi ?
Pour l’œuf ou pour la poule au pot,
Leurs ragots sentent le ranci …
Voleurs d’images ou théâtreux,
A chaque quatorze juillet,
S’en viennent avec ou sans leurs gueux,
Pour un singulier défilé …
Pas très loin du Pont d’Avignon
Où l’on danse, où l’on tourne en rond…
Paris, Marseille, à l’unisson …
Tout est bon pour les subventions …
Même en Toscane, c’est tout dire !
La récup à n’en plus finir,
Se répand dans la tirelire
Des faux monnayeurs en délire …
Sans parler de tous ces dévots,
Quand ils rappliquent tout de go,
Harnachés sous leurs oripeaux
D’idolâtres, sombres idiots …
Au lieu dit de l’affectation,
Ça se bouscule au portillon …
Tu es si loin de tous ces cons
Et de leurs commémorations …
Que n’a-t-on dit de toi, Léo ?
Que ne dira-t-on pas encore ?
Pour l’œuf ou pour la poule au pot,
Les imposteurs sont tous d’accord …
Toi tu faisais de la Musique …
Le reste au fond ne comptait guère …
Tu combattais l’Ennui cynique
En cueillant des brins de bruyère …
© Michel Orion


